Le Canada a perdu 42 000 emplois en août, ce qui a annulé une partie des gains de juillet, tandis que le taux de chômage est resté stable à 6,4 pour cent.
Les données sur l’emploi sont généralement bruitées, avec de fortes fluctuations d’un mois à l’autre – ce qui est précisément ce qui s’est produit cette année. La tendance a été la baisse du chômage et la création modérée d'emplois au cours de l'année écoulée, même si les chiffres d'août représentent un ralentissement inattendu.
Néanmoins, les perspectives sont sombres en raison de l’incertitude provoquée par les tensions commerciales actuelles avec les États-Unis.
Plus le Canada et les États-Unis resteront sans retourner à la table des négociations, surtout s’ils introduisent de nouveaux tarifs douaniers entre-temps, plus les entreprises pourraient hésiter à embaucher.
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Le mois de septembre pourrait être marqué par de nouvelles pertes d'emplois, car le taux de droits de douane américain de 50 pour cent sur certaines importations canadiennes n'est pas viable pour maintenir les opérations, en particulier pour les petites entreprises ayant moins de capacité à s'adapter et à se diversifier.
Nous nous attendons à ce que la Banque du Canada continue de maintenir son taux d’intérêt directeur jusqu’à la fin de l’année en raison de l’incertitude commerciale persistante qui affectera inévitablement l’emploi.
Ce que montrent les données
Les pertes d'août ont mis fin à la séquence de gains d'emplois consécutifs d'avril à juillet.
Même si les chiffres du mois d’août pourraient simplement constituer une anomalie, la baisse de la croissance des salaires pourrait indiquer une capacité excédentaire de l’économie.
La croissance des salaires est tombée à 2 pour cent en août, le plus bas depuis 2021 et une baisse soudaine après des années de croissance des salaires supérieure à 3 pour cent. C’est aussi le signe d’une prudence des entreprises et d’un marché du travail plus équilibré.
Mais cette tendance pourrait également maintenir l’inflation ancrée, dans la mesure où une croissance plus faible des salaires maintient les coûts sous contrôle, ce qui signifie que les entreprises n’auraient pas besoin d’augmenter les prix pour répercuter les coûts.
Il ne faut pas s'attendre à une forte croissance de l'emploi comme référence au cours des prochains mois, car l'incertitude commerciale plane sur l'économie canadienne.
Cela dit, la résilience sous-jacente du Canada sera renforcée par les programmes de soutien du gouvernement fédéral aux entreprises touchées par les tarifs douaniers.
L'enveloppe de 7,5 milliards de dollars d'Ottawa, qui comprend des initiatives telles que des prêts à intérêt uniquement sur 36 mois et des fonds de diversification, devrait contribuer à atténuer les effets négatifs des tarifs douaniers.
Le taux de chômage est resté stable et inférieur à celui de l'année dernière, tandis que le taux d'emploi a légèrement diminué de 0,1 point de pourcentage pour s'établir à 60,8 pour cent.
Les dernières pertes ont été entièrement enregistrées dans les industries de services, qui ont perdu 51 500 emplois, tandis que les industries de biens ont gagné 9 800 emplois.
Les gains les plus importants ont été observés dans le secteur manufacturier (22 100 emplois) et dans l’information, la culture et les loisirs (12 000 emplois). Les pertes les plus importantes ont été enregistrées dans les secteurs des services aux entreprises, du bâtiment et autres services de soutien (19 900 emplois) et du commerce (10 500 emplois).
Rien ne garantit que la séquence de victoires dans le secteur manufacturier se poursuivra, d’autant plus que la hausse des droits de douane pourrait faire réfléchir les entreprises.
Cet été, le marché du travail a été favorable aux étudiants qui reviennent, puisque leur taux de chômage était de 15,6 pour cent en août, ce qui est inférieur au chiffre de l'année dernière. De mai à août, le taux de chômage moyen des étudiants de retour était de 15,9 pour cent, contre 17,9 pour cent pour la même période en 2025.
Le chômage des jeunes est également en baisse par rapport à l’année dernière, ce qui est encourageant pour les nouveaux arrivants sur le marché du travail.
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Les entreprises canadiennes se sont adaptées à la réalité actuelle et l’économie se porte pour l’essentiel bien. Mais il est indéniable que les entreprises qui dépendent du commerce avec les États-Unis ont été – et continueront d’être – plus durement touchées malgré les efforts de diversification.
Les industries qui dépendent de la demande américaine pour les exportations sont touchées de manière disproportionnée. Le taux de mise à pied au cours de la dernière année était en moyenne de 0,9 pour cent dans ces industries, contre 0,7 pour cent pour les autres industries.
