Le Canada a rapidement changé de cap et a décidé d'exclure les produits de la mer américains de sa liste de droits de douane prévus en réponse aux dernières mesures américaines.
Cette décision est intervenue quelques jours après que le gouvernement fédéral a annoncé des droits de douane de 25 pour cent sur toutes les importations de produits de la mer en provenance des États-Unis, contre pratiquement zéro.
Les produits de la mer sont une industrie géographiquement concentrée. Les principaux États américains exportateurs vers le Canada sont Washington, le Maine, le Massachusetts, la Floride, l'Alaska et la Californie (dans cet ordre) et ce sont les mêmes États année après année.
Cette cohérence et cette concentration signifient que les tarifs douaniers sur les fruits de mer seraient apparus spécifiquement là où ils auraient été visibles et rapides, ce qui aurait probablement alerté les entreprises américaines concernées et, potentiellement, aurait pu aider les deux pays à reprendre les négociations.
Autre problème notable : les États-Unis ont spécifiquement exclu les produits de la mer canadiens de leur plus récent plan tarifaire.
Alors que le Canada avait initialement ajouté les fruits de mer américains à sa liste de droits de douane qui devaient entrer en vigueur le 8 septembre, ce retrait révèle un calcul crucial selon lequel les entreprises canadiennes seraient également touchées.
L’histoire plus grande : les chaînes d’approvisionnement
Allez un peu plus loin et vous verrez que les chaînes d’approvisionnement sont au cœur du problème en jeu ici.
L’industrie des produits de la mer, comme bien d’autres, est largement intégrée au-delà des frontières nationales. La capture, la transformation, la distribution et la vente au détail impliquent des entreprises du Canada et des États-Unis avant que le produit n'atteigne les assiettes des deux pays.
Un tarif important – et le retrait qui s’ensuit – illustrent que les chaînes d’approvisionnement nord-américaines sont si vulnérables et exposées que les entreprises canadiennes en subiraient les conséquences.
Même un tarif soi-disant ciblé ne resterait pas limité à un seul pays. Au lieu de cela, les effets se répercuteraient sur les usines de transformation, les réseaux de transport, les restaurants, les services alimentaires et le tourisme dans les deux pays.
Des décennies d’intégration transfrontalière intégrée sont également perturbées dans les secteurs de l’automobile, de l’industrie manufacturière, des produits laitiers, des cosmétiques, de l’acier et de l’aluminium.
Parmi certains produits, les exportations américaines d'acier et de fer vers le Canada ont totalisé 8,9 milliards de dollars américains en 2025, suivies par 2,8 milliards de dollars d'aluminium et 1,3 milliard de dollars de fruits de mer. Les produits laitiers, qui ont récemment retenu l'attention des médias, ont totalisé 1,2 milliard de dollars, juste derrière les produits de la mer.
Les produits de la mer font rarement la une des journaux comme le font d’autres industries, mais l’histoire sous-jacente est identique : les entreprises ont bâti leurs activités en partant du principe que l’intégration nord-américaine était une évidence.
Ce n'est plus le cas.
Les plats à emporter
Les entreprises peuvent justifier des tarifs, quel que soit le pourcentage. Le problème réside dans l'incertitude, comme l'ont montré l'annonce par le Canada des tarifs douaniers sur les produits de la mer et sa décision de les retirer 48 heures plus tard.
Cette volatilité rend difficile l’engagement dans une décision d’investissement pluriannuel concernant l’approvisionnement, les chaînes d’approvisionnement, l’embauche et bien plus encore, d’autant plus que le paysage commercial pourrait à nouveau changer d’ici le prochain trimestre.
