La situation économique du Canada s'inverse après le rapport sur l'emploi de juillet

Un optimisme prudent pour l'économie canadienne malgré les tensions tarifaires

Il est essentiel de séparer les données des émotions lorsqu’il s’agit d’analyse économique, en particulier dans les moments de tension géopolitique accrue.

Les dernières données montrent une économie canadienne solide et en croissance malgré les inquiétudes suscitées par les récentes tensions commerciales et les nouveaux tarifs américains. Il est également important de noter que ces nouvelles mesures ne s'appliquent qu'à une fraction du total des importations et des exportations du Canada.

La question de savoir si les choses évolueront pour le meilleur ou pour le pire dépend en partie de l’issue des négociations commerciales en cours, mais l’économie canadienne présente un tableau prudemment optimiste.

Creuser les données

L'économie canadienne a connu une croissance de 0,8 pour cent au deuxième trimestre de 2026. Cela se traduit par une croissance de 3,3 pour cent sur une base annualisée d'un trimestre à l'autre, ce qui correspond à l'estimation médiane de 3,4 pour cent.

Cette augmentation est largement due à toutes les composantes économiques, en particulier les exportations, mais aussi aux investissements des entreprises, aux dépenses publiques et aux dépenses et investissements des ménages.

Cela démontre la résilience face à une incertitude économique persistante.

Le PIB a augmenté de 0,3 pour cent sur une base mensuelle et de 2 pour cent sur une base annuelle, soit 2 pour cent, toutes deux conformes aux attentes.

Le PIB réel par habitant a augmenté de 1 pour cent alors que la population du Canada a diminué pour un troisième trimestre consécutif. Cela suggère une production plus élevée par personne – une évolution plus positive contrastant avec la croissance démographique de l’ère pandémique.

Nous nous attendons à ce que la Banque du Canada maintienne son taux directeur à 2,25 pour cent lors de sa prochaine réunion et jusqu'à la fin de l'année. Hors énergie, les mesures de l’inflation sous-jacente et de l’inflation restent fermement conformes à leurs objectifs, et il y a peu de preuves d’une hausse généralisée de l’inflation.

En conséquence, il n'y a guère de raisons d'injecter davantage de volatilité dans l'économie, surtout depuis que le nouveau président de la Réserve fédérale américaine signale que l'inflation et les taux d'intérêt sont à la hausse à l'échelle mondiale.

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Même si le thème des dernières données canadiennes est la résilience, les perspectives économiques sont plus sombres suite aux dernières tensions commerciales.

Les exportations ont augmenté de 3,6 % au deuxième trimestre 2026 – la plus forte hausse en trois ans – grâce à un rebond des voitures particulières et des camions légers (une augmentation de 27 %) après deux trimestres de baisse.

Cependant, l’automobile est l’industrie la plus exposée aux tensions commerciales si l’impasse tarifaire actuelle persiste. Après les derniers tarifs douaniers américains et les mesures prises par le Canada en réponse, la question reste ouverte de savoir si cet élan persistera.

Étant donné que les données commerciales dominent bruyamment l’actualité des négociations, il est possible d’obtenir une image plus claire en examinant la demande intérieure finale – consommation, investissement et dépenses publiques combinées. C’est dans la demande intérieure finale que la résilience brille.

Les investissements des entreprises au Canada sont en hausse – un vote de confiance dans le pays en tant que lieu stable et fiable pour faire des affaires – aidés par les incitatifs gouvernementaux.

Au dernier trimestre, les investissements des entreprises ont augmenté, les investissements en ouvrages d'art ayant augmenté de 2,3 pour cent après deux trimestres consécutifs de baisse.

Dans le même temps, les entreprises ont réduit leurs stocks après les avoir constitués au premier trimestre 2026. Toutefois, cette tendance pourrait s’inverser au prochain trimestre, car la trajectoire des futures négociations commerciales avec les États-Unis reste incertaine.

Les dépenses des ménages ont augmenté de 0,8 pour cent au dernier trimestre. Cela s'explique en partie par les dépenses en services, en partie un effet estival, mais aussi le signe que les ménages se sont adaptés à la réalité actuelle plutôt que de freiner leurs dépenses uniquement en réponse à la volatilité économique.

Même avec des dépenses plus élevées, l’épargne des ménages a atteint 3,7 pour cent, le revenu disponible dépassant les dépenses nominales des ménages, augmentant respectivement de 2,1 pour cent et 1,75.

Les investissements résidentiels ont augmenté de 2,5 pour cent après deux trimestres consécutifs de baisse.

Regarder vers l'avenir

Les données économiques sous-jacentes du Canada sont solides. Les revenus ont augmenté, le PIB par habitant a augmenté, les heures travaillées ont augmenté et des emplois sont ajoutés à l'économie.

Les dépenses publiques ont également apporté une contribution considérable aux dépenses d’infrastructure. Citons par exemple le projet énergétique de Churchill Falls et de Gull Island, ainsi que le projet de brise-glace de 11 milliards de dollars au Québec.

Ajoutez à cela les incitatifs du gouvernement fédéral pour attirer les investissements et il est tout à fait possible que le Canada ne soit qu'au début d'un cycle d'investissement qui mènera à une croissance constante, même face à de fortes difficultés commerciales.

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