La Banque du Canada détient à nouveau le taux d'intérêt au milieu de la volatilité économique

La Banque du Canada maintient à nouveau ses taux d'intérêt alors que la volatilité menace la croissance

La Banque du Canada a maintenu son taux d'intérêt directeur à 2,25 pour cent mercredi à la suite de la récente rupture des négociations commerciales avec les États-Unis et de l'incertitude économique qui en a résulté en raison des nouveaux tarifs douaniers.

Toute nouvelle escalade des droits de douane pourrait faire monter l’inflation tout en menaçant la reprise économique qui vient tout juste de commencer à s’implanter au Canada.

Cela crée une situation inconfortable pour la banque centrale : une hausse des taux pourrait contrecarrer la croissance, tandis qu’une baisse des taux pourrait encore accroître l’inflation.

Les rendements obligataires partout dans le monde ont également augmenté récemment, y compris au Canada, en raison de l'incertitude persistante sur les prix de l'énergie dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient.

Notre prévision de base est que la Banque du Canada maintiendra à nouveau son taux directeur en décembre avant de le relever en mars 2027, compte tenu du double risque d’une hausse de l’inflation due aux représailles tarifaires et d’une croissance modérée en raison des tensions commerciales persistantes.

Alternativement, si les tensions commerciales entre le Canada et les États-Unis continuent de s’accentuer, une réduction des taux pourrait être possible pour réduire les coûts d’emprunt et soutenir l’économie.

Stabilité au milieu des tempêtes

Le Canada a été confronté à une incertitude extraordinaire et sans précédent concernant ses relations commerciales au cours des deux dernières années.

La dernière décision de la Banque du Canada est un autre indicateur de la stabilité et de la fiabilité constantes du pays en matière de politique budgétaire et monétaire, ce qui joue un rôle dans le maintien des conditions financières du Canada modérément accommodantes.

Cette stabilité est également attrayante pour les investissements des entreprises, un facteur essentiel pour la croissance économique du Canada dans un contexte de perturbations économiques mondiales.

La banque centrale a maintenu son taux du financement à un jour à 2,25 pour cent pendant sept réunions consécutives dans un contexte de tensions persistantes dans les relations commerciales entre le Canada et les États-Unis. le dernier changement de taux était une baisse de 25 points de base en octobre 2025.

La banque centrale a depuis agi comme un point d'ancrage stable sur lequel les ménages et les marchés peuvent compter dans un contexte de volatilité au sud de la frontière – un message que le gouverneur de la banque a souligné mercredi.

Maintenir le taux directeur constant est une sage décision, d’autant plus que l’inflation (hors énergie) et toutes les mesures d’inflation sous-jacente restent parfaitement conformes à l’objectif. Même si l’inflation globale est élevée à 3 pour cent, elle résulte uniquement de la hausse des prix de l’énergie et ne montre actuellement aucun signe de généralisation.

La reprise économique fait face à des menaces extérieures

Après un début d’année difficile, un rebond économique est visible tant en termes d’emploi que de croissance.

Le Canada a créé 75 000 emplois en juillet et la croissance a atteint 3,3 % au deuxième trimestre de 2026, soit la plus rapide des trois dernières années. Les investissements des entreprises, les exportations et les salaires sont tous en hausse, ce qui donne un tableau de reprise.

Cependant, les conséquences des tensions commerciales signifient que les prévisions de croissance du Canada ont été révisées à la baisse, et un optimisme continu n'est pas garanti.

La volatilité persistante des tarifs douaniers pourrait décourager les dépenses de consommation, les emprunts des ménages et des entreprises, ainsi que les investissements des entreprises – ce qui signifie qu’il n’était guère nécessaire d’augmenter les taux d’intérêt à ce stade.

Mais une baisse des taux n'était pas non plus une option en raison de l'incertitude mondiale actuelle en matière d'énergie et de la possibilité que la prochaine série de droits de douane sur les produits américains, prévue pour le 8 septembre, fasse monter les prix à la consommation.

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