Des difficultés économiques menacent au Canada et aux États-Unis alors que les tensions s’intensifient

Des difficultés économiques menacent au Canada et aux États-Unis alors que les tensions s’intensifient

Une guerre commerciale du tac au tac est un jeu perdant-perdant pour tout le monde sur le plan économique, mais cette semaine on a assisté à une escalade continue du conflit tarifaire entre le Canada et les États-Unis.

Les droits de douane du Canada sur 27,6 milliards de dollars d'importations américaines au Canada – soit environ 6 pour cent des marchandises – sont entrés en vigueur le 8 septembre à la suite des récentes taxes américaines sur les importations canadiennes.

Le même jour, les États-Unis ont annoncé l'interdiction de plusieurs produits laitiers, boissons alcoolisées et motos en provenance du Canada à compter du 29 septembre.

Un retour à la table des négociations est impératif pour les entreprises et les ménages des deux pays afin d’éviter de nouveaux dégâts. Les conséquences de ces retombées pourraient inclure des perturbations dans la chaîne d’approvisionnement, de légères augmentations de l’inflation et d’éventuelles pertes d’emplois.

Le montant en dollars des marchandises couvertes par l'interdiction prévue par les États-Unis est spécifique au secteur et limité. Les produits laitiers et les boissons alcoolisées ne représentent qu’une goutte d’eau dans l’océan lorsqu’il est question des exportations canadiennes vers les États-Unis, surtout si on les compare aux automobiles, à l’acier, à l’aluminium ou à l’énergie en termes de valeur monétaire des échanges.

Mais cette décision symbolise une intensification significative du conflit commercial car elle est fondamentalement différente de l’imposition de pourcentages tarifaires.

Les États-Unis n’ont imposé des interdictions sur les produits en provenance de Chine que dans un contexte de tensions commerciales mondiales persistantes ; La Chine et le Canada sont les deux seuls pays à avoir directement riposté aux mesures américaines.

L’incertitude reste endémique

L'impact économique indirect est plus grave.

L’incertitude reste l’éléphant dans la pièce ; les entreprises peuvent rendre compte des tarifs, mais elles ne peuvent pas planifier des règles qui semblent changer de manière quasi constante.

Prendre des décisions en matière d'investissement, de personnel et de stocks est considérablement plus difficile lorsque les entreprises ne savent pas si elles seraient même autorisées à vendre leurs produits.

La dernière décision des États-Unis diffère du début des tensions commerciales en 2025, où il y avait plus d’espace entre l’annonce et la mise en œuvre des droits de douane. Aujourd’hui, des mesures combinées aux conséquences plus profondes semblent être introduites avec un minimum de temps pour que les entreprises développent des stratégies d’atténuation.

En conséquence, les ménages des deux pays pourraient connaître une inflation plus élevée et une incertitude accrue concernant les revenus et la sécurité de l’emploi.

Les petites entreprises canadiennes qui exportent principalement vers les États-Unis sans grande diversification seraient les plus touchées si elles étaient exclues du marché américain.

De manière plus générale, cette décision envoie un avertissement aux autres partenaires commerciaux des États-Unis : une forte escalade pourrait se produire s’ils ripostent aux mesures commerciales américaines.

Ce graphique montre l'évolution des importations canadiennes aux États-Unis de 2016 à 2025.

Bien que dramatiques par nature, il est important de noter que ces mesures ne sont pas sans précédent.

Depuis l'année dernière, plusieurs gouvernements provinciaux du Canada ont retiré l'alcool américain de leurs étagères. Certains ont également limité les contrats de marchés publics avec des entreprises américaines – bien que le gouvernement fédéral n’ait jamais mis en œuvre une telle stratégie.

Les orientations prospectives d’Ottawa ont un ton sombre, mettant en garde contre des temps difficiles à venir et soulignant que même si l’impact global de la guerre commerciale pourrait ne pas être dévastateur, certains secteurs seraient plus touchés que d’autres.

Ce ne sont pas les perspectives roses que les entreprises canadiennes souhaiteraient à l’approche de l’automne et de la période des Fêtes, d’autant plus que l’économie nationale sort d’un marasme.

Sous le titre

Les importations de boissons alcoolisées des États-Unis vers le Canada ont culminé en 2023 et ont depuis diminué jusqu'aux niveaux de 2021. Cela est dû au fait que plusieurs provinces ont retiré de leurs étagères les boissons alcoolisées fabriquées aux États-Unis lorsque les tensions commerciales sont apparues pour la première fois en 2025.

En revanche, le commerce des produits laitiers entre les deux pays a augmenté régulièrement dans les deux sens, mais une interdiction changerait cela rapidement.

Le Canada importe plus de boissons alcoolisées et de produits laitiers des États-Unis qu’il n’en exporte vers le sud. Les exportations d'alcool du Canada vers les États-Unis ont dépassé le milliard de dollars américains en 2024, tandis que les exportations de produits laitiers ont atteint 262 millions de dollars américains en 2025.

En revanche, les importations de véhicules du Canada vers les États-Unis ont dépassé 50 milliards de dollars américains en 2023 et 2024, avant de chuter à 45 milliards de dollars américains en 2025. Pendant ce temps, les États-Unis ont importé près de 10 milliards de dollars américains de bois d'œuvre canadien et 5 milliards de dollars américains d'acier canadien en 2025.

Vous pourriez également aimer...