Laissez le libre-échange prendre son envol

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le président Joe Biden à Bruxelles, le 15 juin.


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Thierry Monasse/Bloomberg Actualités

Le président Biden a remporté une victoire majeure lors de son voyage en Europe. Lui et les dirigeants de l’Union européenne ont convenu mardi de suspendre pendant cinq ans l’un des différends commerciaux les plus anciens et les plus confus au monde, concernant Boeing et Airbus..

Comme la fiction Jarndyce et Jarndyce dans « Bleak House » de Dickens, cette dispute dure depuis si longtemps que presque personne ne se souvient de quoi il s’agit. En 2004, sous l’administration George W. Bush — vous vous en souvenez ? — Washington a allégué que les pays de l’UE avaient accordé à Airbus quelque 22 milliards de dollars de subventions illégales. L’UE a rétorqué que Washington avait accordé à Boeing quelque 23 milliards de dollars de subventions illégales.

Ils se sont tous rendus à l’arbitrage de l’Organisation mondiale du commerce et se sont régulièrement opposés à des tarifs de représailles au fur et à mesure que le différend commercial évoluait. Le président Trump a bien sûr aggravé le différend avec 7,5 milliards de dollars de droits de douane sur les produits européens à la suite d’une décision de l’OMC en faveur de Boeing. L’UE a répondu avec des droits de douane de 4 milliards de dollars sur les marchandises américaines.

L’un des gestes les plus intelligents de M. Biden a été de mettre un terme à cette question. Lui et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen ont annoncé ce printemps une pause de quatre mois sur les tarifs liés au différend. L’accord de mardi prolonge la trêve à cinq ans, ce qui, on peut l’espérer, sera suffisamment long pour que tous les concernés l’oublient. Le reste des économies américaine et européenne peut reprendre le commerce sans craindre de devenir des dommages collatéraux.

Cela permettra aux deux parties de se concentrer sur les différends commerciaux qui comptent davantage pour l’avenir. Il s’agit notamment des normes européennes excessives de sécurité alimentaire qui entravent les exportations agricoles américaines et des réglementations excessives en matière de confidentialité des données qui menacent d’empiéter sur l’économie numérique transatlantique. Bruxelles peut pousser Washington sur le protectionnisme agricole américain, les tarifs Trump sur l’acier qui persistent alors que le différend aérien se lève et les dispositions «Achetez l’Amérique» que M. Biden et les démocrates introduisent dans leurs factures de dépenses.

La menace beaucoup plus grande pour Boeing et Airbus viendra de la Chine et de sa stratégie mercantaliste visant à créer son propre champion national de la production de compagnies aériennes. L’UE et les États-Unis devraient travailler ensemble contre celui-ci.

Le différend Airbus-Boeing s’est transformé en un irritant économique et diplomatique hors de proportion avec son importance économique. Félicitations à M. Biden et à Mme von der Leyen pour avoir reconnu qu’ils avaient mieux à faire.

Rapport éditorial du journal : Le sujet des abus de l’Internal Revenue est de retour. Image : Zach Gibson/Getty Images

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