La fermeture du détroit d’Ormuz porte préjudice aux économies asiatiques qui dépendent le plus des importations de produits pétroliers.
Dans le même temps, la hausse des prix du pétrole et de l'essence provoque une destruction croissante de la demande aux États-Unis, la consommation des ménages ayant ralenti au cours des trois premiers mois de l'année pour atteindre un gain de 1,6 %.
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Ce ralentissement précède ce qui sera, au mieux, un aplatissement de la croissance des salaires réels et ce qui pourrait plus probablement être une baisse des salaires corrigés de l’inflation.
Le résultat a été une complaisance croissante des marchés financiers, pensant que les États-Unis seront épargnés par la dislocation provoquée par la guerre qui a lieu en Asie.
Mais un examen plus attentif des données montre que les ménages aux États-Unis et au Canada, dont les économies sont devenues des exportateurs nets de pétrole, n’ont pas été épargnés par la hausse des prix de l’essence et du diesel.
En fait, plus la guerre dure longtemps, plus les conséquences seront grandes pour les habitants des pays exportateurs d’énergie.
Les perturbations de la chaîne mondiale d’approvisionnement en pétrole et les pénuries qui en découleront probablement suggèrent que l’inflation portera un coup plus grave aux économies nord-américaines que ce qui est prévu.
Considérez la relation étroite entre l’indice d’inflation des prix à la consommation aux États-Unis et au Canada et le prix du brut Brent, qui est la référence mondiale, au cours des dix dernières années.

Le récent doublement du prix du pétrole Brent, passant de 60 dollars le baril à 125 dollars, présente une menace directe pour les ménages, qui limiteront leurs dépenses aux produits essentiels comme l'énergie et la nourriture, au détriment de tous les autres.
Il existe également une relation entre le prix du brut Brent et les conditions énergétiques aux États-Unis.
Les prix de l’essence aux États-Unis ont un coefficient de corrélation de 0,93 avec le Brent et les prix du diesel ont un coefficient de 0,90.
Une simple régression montre que le prix du Brent représente 86 % de la variation du prix de toutes les formulations d’essence. À mesure que le prix du brut Brent augmente, les consommateurs américains le ressentiront malgré la relative indépendance énergétique de l’économie.

Une simple régression montre que les prix de l’essence représentent 64 % de l’inflation, avec des résidus plus importants survenant lors des périodes de stress lors du choc inflationniste post-pandémique et du début de la guerre en Ukraine en 2022.
Cette flambée des prix du pétrole suggère que le choc énergétique n’est pas encore pleinement réalisé et que l’inflation va augmenter.

Les États-Unis ne peuvent-ils pas faire cavalier seul ?
Outre les frais de transport et de raffinage localisés, le pétrole et les produits pétroliers sont achetés et vendus au sein d’un marché mondial quotidien.
La disponibilité du pétrole foré au Texas ou en Alberta ne signifie pas que les Américains ou les Canadiens peuvent être à l’abri des changements dans les prix mondiaux du pétrole.
Lorsque 10 % de l’approvisionnement mondial en pétrole sera coupé du reste du monde, comme cela s’est produit récemment, la pénurie d’approvisionnement fera grimper les prix mondiaux.
Alors que la crise énergétique mondiale s’intensifie, nous nous rapprochons un jour du point où les producteurs nationaux voudront vendre des quantités croissantes de pétrole à l’Asie et à l’Europe, avides d’énergie.
Et cela incitera l’autorité politique américaine à tenter le destin et à imposer des contrôles sur les prix et les exportations.
Cependant, une interdiction d’exportation ne fera qu’exacerber une pénurie croissante de l’offre, ce qui fera grimper les prix mondiaux. Ce serait une politique vouée à l’échec pour les ménages américains et marquerait le retour de la stagflation à la manière des années 1970.
Il y a ensuite la tentation d’imposer un contrôle des prix. Mais s’éloigner d’une allocation de ressources rares motivée par les prix au profit d’une distribution dirigée par l’État ne fera qu’aggraver le choc énergétique.
