Pourquoi certains pays ont réduit leurs avoirs du Trésor

Pourquoi certains pays ont réduit leurs avoirs du Trésor

On parle beaucoup de la pérennité de la primauté du dollar dans le commerce et la finance internationaux en raison des diminutions diverses des détentions étrangères de titres du Trésor américain.

Il n’est pas surprenant que de telles discussions aient lieu étant donné les risques qui pèsent sur le marché du pétrodollar, la dépréciation probable du dollar une fois la guerre terminée et la baisse de 8,8 % du billet vert par rapport à un panier de devises pondéré en fonction de l’inflation depuis le début de 2025.

Mais la diminution des détentions étrangères de titres du Trésor a moins à voir avec le déclin du statut du dollar qu'avec les besoins particuliers de grandes économies comme le Brésil, l'Inde et la Chine. En outre, certaines économies ont dû soutenir leur propre monnaie face à l’intensification des tensions financières.

Si l’hégémonie du dollar est contestée par la Chine de diverses manières, à la fois explicites et subtiles, ce n’est pas le cas de l’Inde et du Brésil.

L'Inde a augmenté ses avoirs en bons du Trésor de février à mai 2025, mais a ensuite vendu massivement de septembre à octobre (les mois de tension maximale sur la roupie et de ventes de dollars par la banque centrale indienne).

Le rebond des avoirs indiens en janvier à 190,4 milliards de dollars, en hausse de 7,5 milliards de dollars par rapport à décembre, constitue le signal de reprise le plus fort sur un mois.

S’il s’agissait d’une dédollarisation, on n’aurait pas observé un retour en arrière aussi important.

Quant au Brésil, le plateau des avoirs sans rebond, combiné à la réduction explicite de la part du dollar de la banque centrale brésilienne et au doublement de l'or, suggère quelque chose entre l'intervention monétaire et une diversification délibérée.

La réduction de 9 % des avoirs en Chine au cours des 12 derniers mois est modeste comparée à la vente de 16 % en Inde et au Brésil.

Mais un contexte sur cinq ans montre que la Chine se situe dans une catégorie complètement différente puisqu’elle a vendu pour 400,8 milliards de dollars de bons du Trésor, soit une réduction structurelle de 36,6 %, sans retournement de tendance.

La Chine réduit ses actifs libellés en dollars depuis des années et c’est le signal de dédollarisation dans l’ensemble de données.

Mais il est tout aussi important de rappeler que la Chine, pour de nombreuses raisons, ne peut pas se permettre de libéraliser sa monnaie et a besoin que le dollar reste sa monnaie de réserve. Les arguments en faveur de la dédollarisation semblent, au mieux, faibles, malgré les intentions de la Chine.

La Chine ne détient que 7,5 % du total des avoirs étrangers en bons du Trésor, tandis que l'Inde et le Brésil en détiennent chacun 2 %.

En comparaison, les plus grands détenteurs de bons du Trésor sont le Japon avec 13 % et le Royaume-Uni avec 10 %. La part combinée des petites économies est de 20 %.

Les plats à emporter

Parmi les grandes économies émergentes, seule la Chine remet en cause la domination du dollar, tandis que le comportement de l'Inde et du Brésil n'implique pas une évolution durable par rapport au dollar.

C'est plutôt une variation du besoin de liquidités pour financer les interventions sur le marché des changes qui est à l'origine des récentes ventes de bons du Trésor américain.

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