La Banque du Canada détient à nouveau le taux d'intérêt au milieu de la volatilité économique

La Banque du Canada maintient ses taux d'intérêt dans un contexte de perturbations économiques mondiales

La Banque du Canada a maintenu mercredi son taux d'intérêt directeur à 2,25 pour cent, dans un contexte de ralentissement économique intérieur et de perturbations plus larges dues à la guerre en cours au Moyen-Orient.

Cette décision intervient alors que la banque centrale prend du recul pour évaluer l'impact du choc énergétique mondial sur l'économie nationale et celle des principaux partenaires commerciaux du Canada.

Compte tenu des faibles données sur l'emploi annoncées le 13 mars – 84 000 emplois perdus en février et un taux de chômage de 6,7 pour cent – ​​la Banque du Canada se concentrera probablement sur l'identification du moment et si la destruction de la demande dans l'économie canadienne pourrait commencer en raison de la hausse des prix de l'énergie, des suppléments sur le carburant et d'autres augmentations de prix liées à la guerre.

Nous nous attendons à ce que la Banque du Canada ignore la hausse des prix du pétrole et attende de voir combien de temps durera le conflit, l’ampleur des dommages causés aux infrastructures de production d’énergie dans la région, l’évolution des anticipations d’inflation et si la volatilité des prix de l’énergie se répercute sur l’inflation sous-jacente.

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Le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, a cherché à minimiser toute stimulation économique découlant de la guerre. Il a pris soin de noter que même si une augmentation soutenue des prix du pétrole augmenterait les revenus provenant des exportations d'énergie, la hausse des prix de l'essence pèserait sur les consommateurs canadiens.

Ainsi, la banque centrale fait preuve de prudence quant aux effets de la guerre sur l’économie nationale. La taille de l’économie américaine est telle qu’elle va absorber l’essentiel du choc pétrolier ; il faudrait que les prix dépassent largement 125 $ US le baril pour créer un ensemble de conditions propices à une destruction de la demande au sud de la frontière, réduisant ainsi la demande d'exportations canadiennes vers les États-Unis.

Regarder vers l'avenir

La clé des futures décisions politiques de la Banque du Canada sera la durée de la guerre. Un conflit plus court et une baisse des prix du pétrole au cours des prochains mois entraîneraient probablement un retour au statu quo conciliant précédemment exprimé par la Banque du Canada.

Une guerre plus longue qui entraînerait une hausse des prix du pétrole – où l’inflation globale se répercuterait sur le noyau central – pourrait créer des conditions dans lesquelles la banque centrale pourrait être amenée à envisager une hausse des taux.

Ces conditions représentent un véritable cauchemar pour les banquiers centraux ; Si la destruction de la demande commençait, la Banque du Canada devra se demander si elle doit réduire ses taux pour soutenir l’économie nationale alors que l’inflation augmente en raison d’événements extérieurs.

La tension entre un marché du travail faible et une inflation croissante peut créer des conditions dans lesquelles la Banque du Canada devrait se concentrer sur la stabilité des prix, condition préalable à un emploi durable maximum.

Cela se traduirait par une tolérance d’un taux de chômage plus élevé pour ramener l’inflation à son objectif – ce que personne à Ottawa ou dans le reste du Canada ne accueillerait favorablement.

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