Au milieu de la récente décision de la Réserve fédérale de réduire son taux directeur, la publication de l'indice du coût de l'emploi, qui devrait avoir des implications sur l'orientation de la politique monétaire et l'estimation du niveau neutre du taux des fonds fédéraux, a été perdue.
Les tendances à long terme du coût du travail et de l’inflation sous-jacente continuent d’évoluer de manière synchronisée, mais l’écart s’est creusé depuis 2023.
Alors que l'indice du coût de l'emploi a augmenté à un rythme annuel de 3,6 % au troisième trimestre, l'indice de base des dépenses de consommation personnelle, la mesure d'inflation préférée de la Réserve fédérale, a augmenté à un taux annuel moyen de 2,7 %.
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À notre avis, l’écart grandissant entre les deux taux coïncide avec la pénurie de main-d’œuvre en période de pandémie, qui a incité les employeurs à augmenter les salaires pour inciter les travailleurs à réintégrer le marché du travail.
Au cours de la même période, la reconstruction de la chaîne d'approvisionnement mondiale a permis un ralentissement de la croissance de l'inflation, le PCE de base passant de plus de 5 % en 2022 à l'objectif de 2 % de la Fed en 2024 et à 2,8 % jusqu'en septembre 2025.
Le coût du travail de 3,6 % explique directement ou indirectement une partie de la hausse de 2,8 % de l’inflation sous-jacente.
L’impact du coût du travail sur la fixation neutre du taux des fonds fédéraux nécessite davantage d’informations de la part des décideurs des banques centrales.
Les décideurs politiques ont besoin de plus de temps pour observer la réaction de l’économie et des prix à la diminution de l’offre de main-d’œuvre nationale en raison des changements dans l’immigration et du vieillissement de la population.
L’offre et la demande sur le marché du travail sont confrontées à de réelles contraintes. En conséquence, les embauches se sont réduites à une fourchette comprise entre 20 000 et 50 000 nouveaux emplois par mois, ce dernier étant selon nous le montant minimum nécessaire pour maintenir les conditions du marché du travail stables.

Enfin, si l’on s’attend à ce que l’économie résiste aux perturbations commerciales et aux changements sur le marché du travail, et avec l’entrée en vigueur des mesures de relance budgétaire en 2026, alors un taux neutre des fonds fédéraux compris entre 3 % et 3,5 % nominal est plus approprié que le taux final nul réel (ajusté à l’inflation) actuellement réclamé dans certains trimestres.
Les attentes sont d’une croissance du PIB réel de 2 % et d’une inflation globale de 2,5 %, ce qui implique une croissance du PIB nominal de 4,5 %.
Le marché à terme actuel table sur un taux des fonds fédéraux compris entre 3 % et 3,25 % à partir de septembre 2026. Ce chiffre est légèrement trop bas au regard de la croissance économique, qui, selon nous, exercerait une pression à la hausse sur les prix et la demande de main-d’œuvre.
Avec l’arrivée d’un nouveau comité fédéral de l’open market et d’un nouveau président de la Réserve fédérale en 2026, nous pensons que les risques inflationnistes liés aux décisions politiques conciliantes deviendront évidents.
