La topographie unique de Freetown – ses communautés s’étendent du littoral jusqu’aux montagnes environnantes – l’expose plus intensément que les autres villes africaines aux risques du changement climatique. Dans le même temps, la ville est de plus en plus façonnée par les impacts du changement climatique.
Prenons la question de la chaleur extrême : ce phénomène pose un défi direct à l’accès à l’eau pendant la saison sèche, en particulier pour les habitants des 74 quartiers informels dans lesquels vivent jusqu’à 40 % des occupants de Freetown. Au-delà de l’accès à l’eau, cette chaleur extrême détériore considérablement la qualité de l’air dans la ville, en particulier en conjonction avec les émissions des véhicules et les décharges à ciel ouvert. Cette dégradation de la qualité de l’air pose alors des risques pour la santé des habitants, comme des infections respiratoires.
Je donne cet exemple pour souligner que nous ne pouvons pas choisir de donner la priorité à l’adaptation plutôt qu’à l’atténuation, ou vice versa, lorsqu’il s’agit de lutter contre le changement climatique. Nous devons aborder les deux. Bien que Freetown, comme le continent africain dans son ensemble, ne soit pas un gros émetteur de gaz à effet de serre, il existe encore des possibilités de réduire davantage nos émissions. Par exemple, mon administration met en place un système de téléphérique de transport en commun qui sera plus respectueux du climat et plus vert que les options de transport urbain existantes.
Nous ne pouvons pas choisir de donner la priorité à l’adaptation plutôt qu’à l’atténuation, ou vice versa, lorsqu’il s’agit de lutter contre le changement climatique. Nous devons aborder les deux.
Dans le cadre de l’initiative #FreetownTheTreetown, nous plantons un million de nouveaux arbres. Cette initiative est un exemple d’approche qui offre à la fois des mesures d’atténuation – en ce sens que la plantation d’arbres peut créer un puits de carbone pour compenser les émissions – et d’adaptation – car l’augmentation du couvert arboré réduit les impacts de la chaleur extrême et le risque de glissements de terrain.
Les gouvernements locaux africains devraient être habilités à faire plus
À Freetown, les pouvoirs d’aménagement du territoire et de permis de construire qui auraient dû être dévolus aux structures de district restent entre les mains du gouvernement central, une situation qui contribue de manière significative à une mauvaise gestion urbaine et à un risque accru de dommages environnementaux. Les réformes au niveau de la ville peuvent avoir des effets indirects pour le pays et le monde. Cependant, pour que cela réussisse, les dirigeants locaux doivent être davantage impliqués dans la conversation, écoutés, financés et soutenus pour agir de manière décisive. Les organisations d’États-nations comme l’Union africaine peuvent faire davantage pour créer des plateformes permettant aux autorités municipales de contribuer à des conversations plus larges sur le changement climatique.
De même, les dirigeants doivent s’efforcer de débloquer le financement climatique aux niveaux municipal et local, car passer par les gouvernements nationaux pour accéder aux fonds est un processus qui prend du temps. Pour l’instant, la majeure partie du financement est disponible uniquement pour les gouvernements nationaux, ce qui entrave les efforts visant à fournir des solutions rapides pour lutter contre cette menace existentielle non seulement à Freetown, mais dans de nombreuses villes.
