Décarbonisation du système énergétique

Notre analyse met en évidence que les plans nationaux pour l’énergie et le climat (PNEC) actuels des pays de l’UE sont insuffisants pour parvenir à une voie rentable vers la neutralité climatique à l’échelle de l’UE d’ici 2050.

Cette contribution politique a été rédigée sur la base d’une étude préparée pour la commission de l’économie et de l’industrie, de la recherche et de l’énergie (ITRE) du Parlement européen, disponible ici.

Les trois quarts des émissions de gaz à effet de serre de l’Union européenne proviennent de la combustion de charbon, de pétrole et de gaz naturel pour produire des services énergétiques, notamment le chauffage des bâtiments, le transport et le fonctionnement des machines. La transition vers la neutralité climatique signifie que ces services doivent être fournis sans émissions associées.

Il n’est pas possible aujourd’hui de déterminer le système énergétique propre optimal de demain, en grande partie parce que les coûts, les limites et les développements des capacités des technologies concurrentes ne peuvent pas être prédits. Des systèmes énergétiques avec des parts très divergentes de « carburants verts », sous forme d’électricité, d’hydrogène et d’hydrocarbures synthétiques, restent envisageables. Nous trouvons que le coût global de ces systèmes est du même ordre de grandeur, mais ils impliquent des investissements plus importants à différentes étapes des chaînes de valeur. Une part importante des hydrocarbures synthétiques nécessiterait davantage d’investissements en dehors de l’UE, mais moins dans les infrastructures domestiques et les appareils du côté de la demande, tandis que l’électrification nécessite des investissements importants dans les infrastructures et les appareils domestiques. Les projections actuelles montrent un avantage de coût global pour l’électrification directe, mais les projections évolueront et les acteurs critiques pourraient faire pression pour les carburants alternatifs. La politique jouera donc un rôle majeur dans la formation de cet équilibre.

Les décisions politiques devraient, en premier lieu, repousser les technologies émettrices de carbone, principalement par le biais de la tarification du carbone. Plus cette stratégie sera crédible et prévisible au cours des prochaines décennies, plus le désinvestissement des technologies brunes et l’investissement dans les technologies vertes seront fluides.

Deuxièmement, la politique doit contribuer à garantir que suffisamment d’alternatives climatiquement neutres sont disponibles à temps. Un soutien public clair devrait être accordé à trois décisions de système sur lesquelles nous sommes suffisamment confiants : le déploiement massif de la production d’électricité renouvelable ; l’électrification de parts importantes de la consommation finale d’énergie ; et l’élimination rapide du charbon de la production d’électricité. Pour les services énergétiques où aucun système dominant n’a encore émergé, la politique devrait explorer avec force différentes solutions en soutenant l’expérimentation technologique et réglementaire.

Compte tenu de l’ampleur et de l’urgence de la transition, l’infrastructure actuelle de la connaissance en Europe est insuffisante. Les données sur l’état actuel et projeté du système énergétique restent incohérentes, publiées à différents endroits ou pas du tout. Cela entrave le débat de société. La transition vers la neutralité climatique en Europe et ailleurs sera inutilement coûteuse sans une infrastructure de connaissances permettant à la société d’apprendre quelles technologies, systèmes et politiques fonctionnent le mieux dans quelles circonstances.

Citation recommandée
Zachmann G., F. Holz, C. Kemfert, B. McWilliams, F. Meissner, A. Roth et R. Sogalla (2022) ‘Decarbonisation of the energy system’ Contribution politique 01/2022, Bruegel

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