Comment le Canada peut améliorer sa productivité en retard

Comment le Canada peut améliorer sa productivité en retard

L’augmentation de la productivité est une marée montante qui soulève tous les bateaux, et son absence étouffe la croissance. En maintenant l’inflation à un niveau bas tout en améliorant l’efficacité, on crée une sorte de cercle vertueux qui profite aussi bien aux consommateurs qu’aux entreprises.

Par habitant, le PIB du Canada a à peine bougé, sa croissance étant tirée par l'augmentation de la population plutôt que par la productivité.

Pourtant, la productivité du Canada a stagné et, sans surprise, son économie aussi. Au cours des sept dernières années, la productivité du Canada a à peine bougé, même si elle s'est accélérée aux États-Unis. Et l’écart avec les États-Unis s’est creusé. Depuis 1980, la productivité du Canada a augmenté de 68 pour cent, tandis qu'elle a augmenté de 87 pour cent aux États-Unis.

Sur la scène mondiale, le Canada prend du retard sur ses pairs. Les dépenses en capital, qui sont des éléments constitutifs de la croissance de la productivité, ont stagné au Canada au cours de la dernière décennie, alors qu'elles ont augmenté aux États-Unis.

Le résultat pour le Canada est une croissance anémique. Par habitant, le PIB du Canada a à peine retrouvé ses niveaux d'avant la pandémie, la majeure partie de la croissance étant motivée par l'augmentation de la population plutôt que par de véritables améliorations de la productivité.

Sans amélioration de la productivité, la croissance à long terme du Canada est menacée.
Le coût, cependant, va bien au-delà du produit intérieur brut ; la stagnation de la productivité frappe également le portefeuille des consommateurs. Au fil du temps, les consommateurs canadiens paieront plus que ceux des autres pays tout en recevant des biens et des services de qualité inférieure, qu'il s'agisse de produits d'épicerie, de billets d'avion ou de forfaits de téléphonie cellulaire.

De nombreuses raisons peuvent expliquer la lente croissance de la productivité au Canada, l'une d'entre elles étant la faiblesse des investissements en capital et en main-d'œuvre. La faiblesse des investissements pourrait être attribuée à une concurrence limitée, qui décourage l’investissement et l’innovation parmi les entreprises.
Mais il y a une perspective de retournement de situation. En tirant parti de l’intelligence artificielle, le Canada peut rattraper son retard et accroître sa productivité.

Le défi de la productivité

La productivité, mesurée par la production par heure de travail, stagne dans de nombreuses économies développées depuis les années 2000. En ce sens, le Canada ne fait guère exception. Mais une comparaison avec d'autres économies développées illustre l'ampleur du défi de productivité du Canada.

Dans la période post-pandémique, alors que les États-Unis ont connu une renaissance de la productivité, le Canada a eu du mal à reprendre pied malgré un afflux constant de travailleurs immigrants instruits.

La hausse de la productivité américaine a joué un rôle dans la résilience de la croissance, même dans un environnement de taux restrictifs, tandis que l'économie canadienne a perdu de sa vigueur.

Au cours des deux dernières décennies, le Canada a connu l'un des taux de croissance de productivité les plus faibles parmi les économies développées du G7, avec une production par heure travaillée augmentant de moins de 20 %, alors qu'aux États-Unis, ce chiffre a été de 33 %. Cela place le Canada au-dessus seulement de l'Italie et du Japon. Si la tendance persiste, le Canada pourrait tomber au bas du G7 en termes de croissance de la productivité.

Dans la nouvelle ère caractérisée par des taux d’intérêt plus élevés, des coûts de main-d’œuvre en hausse et des coûts d’exploitation globalement plus élevés, les entreprises doivent continuellement améliorer leur productivité et leur efficacité pour rester pertinentes.

Recherche et développement au Canada

Manque de concurrence

Les investissements des entreprises canadiennes, tant en capital qu’en main-d’œuvre, ont été modestes, à une époque où la technologie évolue plus rapidement que jamais et où les investissements dans les travailleurs peuvent accroître la productivité du travail.

Parmi les pays du G7, le Canada et la France sont les seuls pays où les dépenses en recherche et développement en proportion du PIB n'ont pas augmenté au cours des deux dernières décennies.

Ce n’est donc pas un mystère que la faiblesse des investissements s’est traduite par une croissance médiocre de la productivité.

PIB par heure travaillée dans le G7

Un manque de concurrence pourrait contribuer à ces faibles investissements. Une partie importante de l'économie canadienne est à l'abri de la concurrence étrangère, notamment dans des secteurs comme les services financiers, les télécommunications, les compagnies aériennes, la vente au détail et l'épicerie.

Prenez des courses. Il s'agit d'un marché propice à la concurrence, mais au Canada, il est dominé par seulement trois acteurs. Le manque de concurrence est l’une des raisons pour lesquelles le taux d’inflation global du Canada a mis du temps à revenir aux niveaux d’avant la pandémie, les prix des aliments ayant augmenté au-dessus du chiffre d’inflation global. Le secteur alimentaire canadien est un marché sclérosé, où l'innovation et les investissements ont pris du retard alors que les consommateurs sont de plus en plus frustrés.

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Mais il n’est pas nécessaire qu’il en soit ainsi – pour les consommateurs et pour les entreprises – et la productivité offre une issue. Pour commencer, l’augmentation de la productivité augmenterait les bénéfices des détaillants en alimentation ; Sans ces améliorations, les entreprises pourraient simplement augmenter leurs prix sans améliorer leurs produits et services. C’est un scénario perdant-perdant.

Il y a ensuite la question de la concurrence étrangère, ou plutôt de son absence. Même si les politiques protectionnistes peuvent favoriser les industries nationales, ces politiques ont également des coûts à long terme, comme entraver la croissance de la productivité en isolant les entreprises des pressions concurrentielles mondiales.

Une opportunité de réduire l’écart

Mais il existe des moyens pour les entreprises canadiennes de réduire l’écart de productivité.

Pour rester compétitives à l’échelle mondiale, les entreprises canadiennes doivent investir davantage dans les machines, l’équipement et les talents, ainsi qu’adopter la technologie et l’innovation.

La technologie, en particulier l’intelligence artificielle, offre une rare opportunité de combler cet écart. L’IA peut automatiser les tâches de routine, libérant ainsi des ressources humaines pour des activités plus complexes et à valeur ajoutée. Il peut également fournir rapidement et avec précision des informations approfondies à partir de grands ensembles de données, optimisant ainsi les processus dans les domaines de la finance, des soins de santé, de la fabrication et bien plus encore.

L’augmentation des investissements peut améliorer la productivité de plusieurs manières :

  • Investissements en capital : Cela implique de construire de nouvelles usines, d’investir dans des machines efficaces ou d’équiper les travailleurs de technologies et de logiciels avancés qui leur permettent de faire leur travail plus efficacement.
  • Investissements en main d’œuvre : Étant donné que la main-d’œuvre canadienne est très instruite, l’accent devrait être mis sur la mise en relation des travailleurs avec des emplois appropriés qui correspondent à leurs compétences, tout en investissant dans leur recyclage et leur perfectionnement.
  • Productivité multifactorielle : Cela mesure l’efficacité avec laquelle le capital et le travail sont utilisés. Le Canada compte une forte proportion de petites et moyennes entreprises qui ne seront peut-être pas en mesure de profiter des économies d’échelle comme le font les grandes entreprises. La population clairsemée et le vaste territoire du Canada rendent le transfert d'idées et de biens plus difficile. Mais l’apprentissage automatique et l’IA peuvent contribuer à améliorer la productivité multifactorielle et à combler cet écart.

Les bonnes incitations

Toutefois, aucun de ces investissements ne sera réalisé sans les incitations appropriées. L’assouplissement de la politique monétaire, très probablement prévu dans le courant de l’année, rendra l’environnement d’investissement plus favorable.

Du côté du gouvernement, des politiques qui encouragent la concurrence et réduisent le protectionnisme sont absolument nécessaires. Les récents changements apportés à la Loi sur la concurrence sont attendus depuis longtemps, mais ils ne suffisent probablement pas encore.

Au lieu que le gouvernement intervienne souvent, comme dans le cas des télécommunications et de l’épicerie, si le paysage réglementaire était mis en place pour permettre davantage de concurrence, l’intervention du gouvernement ne serait pas autant nécessaire.

L'investissement de 2,4 milliards de dollars du gouvernement fédéral est louable. Mais pour que l'IA insuffle un nouveau souffle à la productivité du Canada, il faut davantage de concurrence pour pousser les entreprises à investir dans la technologie, le capital et la main-d'œuvre, ce qui entraînera à terme une augmentation de la productivité.

Les plats à emporter

La productivité du Canada a pris du retard. Mais le passé ne doit pas forcément dicter l’avenir.
Augmenter les investissements dans l’innovation et la technologie, ainsi que dans la main-d’œuvre, pour exploiter la puissance de la technologie peut être une solution prometteuse à ce défi persistant.

L’assouplissement des réglementations pour accroître la concurrence peut motiver davantage les investissements des entreprises, ce qui non seulement réduira l’écart de productivité avec les autres pays, mais garantira également une croissance durable et une meilleure qualité de vie aux Canadiens.

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