Dans la transition mondiale vers les énergies renouvelables, le Canada risque d’être laissé pour compte

Dans la transition mondiale vers les énergies renouvelables, le Canada risque d’être laissé pour compte

L'économie canadienne est confrontée à une réduction des émissions de carbone. Même s’il progresse vers l’atteinte de ses objectifs de réduction des émissions de carbone d’ici 2030, le Canada n’avance pas assez vite.

Le Canada doit accroître considérablement ses investissements dans les énergies renouvelables pour réduire les émissions tout en favorisant la croissance économique.

Pour y parvenir, le Canada doit accroître considérablement ses investissements dans les énergies renouvelables afin de réduire les émissions tout en favorisant la croissance économique. Ne pas le faire risque de se retrouver à la traîne dans une économie mondiale qui évolue rapidement vers une économie plus compétitive basée sur les énergies renouvelables.

Le retard du Canada s'explique en partie par les coûts. Lundi, la taxe fédérale sur le carbone est passée de 65 $ à 80 $ la tonne. Le prix du carbone est conçu pour rendre les émissions de carbone coûteuses, encourageant ainsi les entreprises et les consommateurs à se tourner vers des alternatives à faibles émissions de carbone.

Dans une certaine mesure, la taxe fonctionne. C'est en partie la raison pour laquelle les émissions de gaz à effet de serre du Canada ont chuté de 10 % par rapport au niveau de 2005 et sont en passe d'atteindre jusqu'à 90 % des objectifs de réduction des émissions d'ici 2030.

Mais la taxe carbone, même combinée à certains investissements prometteurs déjà réalisés dans les énergies renouvelables, ne suffit pas.

C'est là que les incitatifs entrent en jeu. Un programme plus agressif de réglementations favorables, de subventions et de crédits d'impôt pour stimuler l'esprit animal du secteur énergétique florissant du Canada agirait comme une force d'attraction qui attirerait les investissements publics et privés et compléterait la force d'impulsion du carbone. impôt.

Outre la réduction des émissions et du coût de la taxe carbone, ces incitations aideraient les entreprises et les consommateurs à être moins vulnérables à la volatilité de l’offre et des prix du pétrole et du gaz.

Le portrait énergétique du Canada

Au fil des années, la capacité électrique et la production à partir de sources à forte intensité de carbone comme le pétrole et le charbon ont diminué. Notamment, l’utilisation du charbon a chuté au point qu’elle représente aujourd’hui moins de 5 % de la capacité totale. A sa place, d’autres sources ont surgi :

Le gaz naturel est devenu la deuxième source d’énergie en importance, derrière l’hydroélectricité, car sa plus faible intensité carbone et son approvisionnement national abondant en font le carburant de transition idéal (lien vers l’article sur le gaz naturel ici).

Apprenez-en davantage sur les perspectives de RSM Canada sur l’énergie, l’économie et le marché intermédiaire.

L'hydroélectricité représente plus de la moitié de la capacité totale au Canada. Sa capacité a augmenté lentement parce que les barrages, en raison de leurs avantages en tant que source d'énergie renouvelable, présentent encore des inconvénients environnementaux importants, notamment la destruction de l'habitat et la déforestation.

L'éolien terrestre s'est développé pour représenter 10 % de la capacité totale, malgré un environnement macroéconomique difficile avec des taux d'intérêt élevés et des défis réglementaires de la part des gouvernements provinciaux.

L’énergie solaire représente encore moins de 1 % de la capacité totale. La croissance des énergies renouvelables a beaucoup ralenti, à un moment où d’autres pays, notamment les États-Unis et ceux de l’Union européenne, ont considérablement augmenté leurs investissements dans les énergies renouvelables.

Tarification du carbone

La taxe fédérale sur le carbone du Canada est entrée en vigueur en 2019 à 20 $ la tonne. Son prix devrait augmenter régulièrement jusqu'à atteindre 170 $/tonne en 2030. Certaines provinces ont également leurs propres programmes de tarification du carbone qui ont précédé la taxe fédérale et sont plus restrictifs.

Depuis la mise en œuvre de la taxe, le prix du carbone imposé aux consommateurs représente entre 8 pour cent et 14 pour cent des réductions d'émissions, tandis que le prix du carbone industriel est le principal moteur des réductions d'émissions du Canada, contribuant à 20 pour cent à 48 pour cent du total. réductions.

Malgré ses détracteurs, la taxe fonctionne. Le prix du carbone au Canada pourrait réduire les émissions de moitié d’ici 2030.

Mais il y a un inconvénient notable : c’est cher.

Alors que les consommateurs reçoivent des remises annuelles sur le carbone qui font souvent plus que compenser le montant qu’ils paient, les entreprises supportent les coûts d’exploitation plus élevés en raison de la tarification du carbone.

Lorsque les entreprises sont confrontées à des coûts plus élevés, elles réalisent des bénéfices moindres, ce qui se traduit par une réduction des investissements, notamment dans les énergies renouvelables, les technologies propres et d’autres aspects de la transition énergétique.

Transition des investissements énergétiques

Des réglementations pour stimuler les investissements sont nécessaires

Alors que la tarification du carbone agit comme un bâton pour réduire les émissions, davantage de mesures réglementaires favorables sont nécessaires comme carotte pour propulser les investissements dans les énergies renouvelables.

Même si les investissements du Canada dans les énergies renouvelables et la transition énergétique ont augmenté au fil du temps, les entreprises bénéficieront d'un paysage réglementaire plus favorable qui contribuera à alléger les coûts de transition.

La recherche et le développement sont un domaine. De tels investissements dans les technologies propres ainsi que dans la capacité, la production et le stockage des énergies renouvelables contribuent à stimuler l’innovation.

Les incitations gouvernementales constituent un autre moyen de favoriser la transition. Le programme Greener Home a fourni 15 milliards de dollars pour aider à rendre les maisons canadiennes plus éconergétiques grâce à des mesures telles que l'isolation des maisons, l'installation de systèmes solaires domestiques et le passage du chauffage au mazout aux pompes à chaleur.

Pour les entreprises, le crédit d’impôt pour investissement dans l’électricité propre et le crédit d’impôt pour la fabrication de technologies propres sont conçus pour stimuler les investissements dans les technologies propres.

Transition énergétique

Mais cela n’est rien en comparaison des efforts d’autres pays.

Les investissements totaux du Canada dans la transition énergétique se classent au 12e rang mondial. En ce qui concerne les investissements dans les énergies renouvelables en particulier, le Canada se classe au 17e rang, bien derrière les autres pays du G7 et avec moins de 4 % des investissements dans les énergies renouvelables aux États-Unis.

C’est loin derrière les États-Unis en particulier, ainsi que l’Union européenne, le Royaume-Uni et même la Chine.

Prenez l’Inflation Reduction Act aux États-Unis. La loi a permis de réaliser des centaines de milliards de dollars d’investissements publics et privés dans les énergies renouvelables et les technologies propres. Les investissements climatiques les plus importants de l’histoire visent à réduire les coûts des énergies renouvelables et à favoriser le déploiement des énergies renouvelables à travers le pays.

La Loi sur la réduction de l’inflation est le genre de changement radical dont le Canada a besoin s’il veut changer fondamentalement le paysage de la transition énergétique.

Les perspectives

À l’heure où les autres pays du Canada investissent massivement dans la décarbonisation, le Canada risque d’être laissé pour compte s’il continue sur sa lancée actuelle. Ajoutez à cela une hausse du prix du carbone et vous obtenez une économie qui finit par être coûteuse et non compétitive.
Les investissements dans les énergies renouvelables génèrent des rendements de plusieurs manières, en plus d’alléger le fardeau de la tarification du carbone.

Avec les progrès technologiques, les prix des énergies renouvelables ont chuté, souvent en dessous de ceux des combustibles fossiles. Le développement des énergies renouvelables permettra aux entreprises et aux consommateurs de profiter de cette baisse des coûts.

En outre, les investissements en R&D peuvent stimuler la productivité et la croissance. La productivité du Canada est en déclin depuis les années 1990 et, pire encore, en baisse depuis 2017.

Les investissements dans les énergies renouvelables et les technologies propres peuvent faire partie de la série d’investissements visant à améliorer la productivité dont le Canada a besoin pour rester compétitif dans l’économie mondiale.

La bonne nouvelle est que le Canada dispose d’un approvisionnement solide en pétrole et en particulier en gaz naturel pour combler le fossé de la transition énergétique jusqu’à ce que le pays mette en place une infrastructure d’énergies renouvelables suffisante. Mais le Canada doit accélérer.

Les plats à emporter

Une économie à faibles émissions de carbone réduira les coûts pour les entreprises et annulera le besoin de réductions de carbone pour les consommateurs, ce qui en fera une équation gagnante pour le gouvernement, les entreprises et les consommateurs.

Une double approche qui maintient la tarification du carbone tout en encourageant de manière agressive les investissements dans les énergies renouvelables aidera le Canada à rester compétitif dans une économie mondiale qui évolue rapidement vers la décarbonisation.

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