L’inflation ralentit dans un contexte de baisse des prix de l’essence

Après une année de hausses consécutives, l’inflation a finalement commencé à se calmer, atteignant 7,6 % en glissement annuel en juillet dans un contexte de baisse des prix de l’essence. Par rapport à juin, l’inflation a augmenté d’un modeste 0,1 %.

Néanmoins, la plupart des mesures de l’inflation sous-jacente ont augmenté, ce qui signifie que l’inflation reste omniprésente dans tous les aspects de la vie et pas seulement concentrée dans quelques catégories telles que l’essence et la nourriture.

graphique de l'IPC du Canada, juillet 2022

Il est peu probable que la Banque du Canada modifie sa trajectoire d’une éventuelle hausse de 75 points de base en septembre, car les incertitudes demeurent autour de la chaîne d’approvisionnement mondiale, des conditions géopolitiques et de la pandémie ; un choc dans l’un de ces domaines fera à nouveau monter les prix.

Même si le soulagement à la pompe est une bonne nouvelle pour les Canadiens, il faudra un certain temps avant que les ménages puissent pousser un soupir de soulagement. La croissance des salaires s’est établie à 5,2 % en glissement annuel, toujours inférieure à l’inflation et entraînant une perte de pouvoir d’achat des ménages.

D’autres domaines de première nécessité comme l’alimentation et le logement ne se portent pas beaucoup mieux. Les prix des denrées alimentaires ont augmenté de 9,2 % par rapport à l’année précédente et de 0,9 % par rapport à juin, les prix du blé et de l’huile de cuisson continuant de grimper en raison des perturbations de la chaîne d’approvisionnement mondiale et des pénuries alimentaires dues à l’invasion russe de l’Ukraine.

L’impact des hausses de taux d’intérêt de la Banque du Canada commence à se faire sentir, notamment sur le marché de l’habitation. Les dépenses des propriétaires ont augmenté de 6,3 % par rapport à l’année précédente, mais ont diminué pour le quatrième mois consécutif en raison de la baisse des prix des logements.

Cependant, il y a peu de consolation car les coûts hypothécaires ont augmenté avec les taux d’intérêt. De plus, les ménages qui se sont retenus d’acheter louent également, ce qui pousse le marché locatif à la hausse, les hausses de loyer atteignant les deux chiffres dans les grandes villes du Canada. Les dépenses associées aux logements locatifs ont augmenté de 4,9 % par rapport à l’année précédente, le niveau le plus élevé enregistré depuis des décennies.

Il faut de 18 à 24 mois pour que les hausses de taux d’intérêt de la Banque du Canada fassent pleinement effet dans l’ensemble de l’économie; par conséquent, les mois suivants pourraient voir l’inflation reculer.

Comme l’essence a continué de baisser, l’inflation d’août sera probablement plus faible. En regardant plus loin en septembre, après les vacances d’été, les prix des articles liés aux voyages tels que les billets d’avion et les hôtels reculeraient également.

La vente à emporter

La Banque du Canada maintiendra sa trajectoire de hausses de taux agressives. Bien que les chiffres de l’inflation de ce mois-ci soient un début encourageant, il reste encore des années au Canada avant que l’inflation ne redescende à la cible de 2 %.

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