Une lutte pour la croissance dans un contexte de tensions commerciales

Une lutte pour la croissance dans un contexte de tensions commerciales

Nous nous attendons à ce que le Canada connaisse une autre année de croissance modeste en 2026, dans un contexte de tensions commerciales persistantes avec les États-Unis et d’une surabondance persistante de pétrole qui freinera les prix à l’exportation.

Bien que le budget du premier ministre Mark Carney soutienne la croissance et les conditions d'emploi, il ne constitue pas une panacée aux pressions plus larges qui s'exercent sur l'économie canadienne et ne peut pas complètement compenser les effets négatifs des tensions commerciales avec les États-Unis.

Nous prévoyons une augmentation globale de la croissance de 1,4 pour cent, alimentée par une modeste augmentation de 1,6 pour cent de la consommation des ménages et une augmentation de 1,3 pour cent de l’investissement fixe brut.

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Avec l’adoption récente du budget, l’économie a une chance de réagir mieux que prévu, avec une croissance qui s’accélère plus que ne le suggèrent nos prévisions.

Un environnement d’emploi atone, dans lequel nous ne prévoyons qu’une légère baisse du taux de chômage – à 6,7 pour cent contre 7 pour cent actuellement – ​​est en train de se rétablir. L'année prochaine, le Canada, le Mexique et les États-Unis renégocieront leur accord commercial.

La Banque du Canada se trouve dans une situation difficile qui ne deviendra pas plus facile. Même si nous pensons que la banque centrale réduira à nouveau ses taux lors de sa réunion politique de décembre, les acteurs du marché n’anticipent pas d’allégement supplémentaire des taux en 2026, la banque centrale passant au second plan par rapport aux autorités budgétaires dans ses tentatives de soutenir la croissance.

L’économie mondiale ne s’est pas encore pleinement adaptée au choc commercial. La croissance du produit intérieur brut réel du Canada a récemment chuté à un taux annuel de moins de 1 pour cent. Une relance budgétaire opportune est donc la bienvenue, tout comme toute nouvelle réduction du taux directeur par la Banque du Canada.

Mais alors que la demande de main-d'œuvre diminue, les prix des biens de consommation augmentent au-dessus de l'objectif de 2 pour cent de la banque centrale, ce qui rend difficile pour la banque centrale de mettre en œuvre une politique accommodante plus robuste.

Cette situation représente une tâche difficile pour les autorités monétaires ; ils ne peuvent pas faire grand-chose pour contrer un choc commercial extérieur.

Dans les sections qui suivent, nous analysons le ralentissement du marché du travail, la hausse des prix des biens essentiels et le potentiel de croissance économique.

Nous terminons par un regard sur les conditions financières du Canada, qui se détériorent lentement ainsi que les perspectives de croissance économique, du moins pour le moment.

Marché du travail

Le marché du travail canadien n'a pas encore complètement absorbé le choc tarifaire et les perturbations de l'économie nord-américaine. Cela est évident dans une population active qui est restée stagnante cette année.

Nous nous attendons à une solide amélioration en 2026, mais le marché du travail intérieur présente un excédent de travailleurs disponibles, ce qui freine la croissance des salaires.

Pour cette raison, le calendrier et l’ampleur du budget Carney sont cruciaux pour la croissance de l’économie et les perspectives d’une consommation plus élevée via une croissance des salaires.

Croissance du PIB réel

Les tentatives américaines de démanteler le bloc commercial nord-américain ont clairement un effet néfaste sur l'inflation du Canada, son marché du travail et sa croissance économique.

La croissance du PIB réel de toutes les industries du Canada a décéléré, passant d'un solide 1,7 pour cent en 2024 à moins de 1 pour cent en juin, juillet et août derniers.

Les tarifs douaniers ont un impact sur les prix et les bénéfices tout en nuisant à la main-d'œuvre, aux dépenses et à la croissance économique.

Pourtant, en raison de la politique tarifaire américaine, il est impossible de savoir combien de temps cette décélération va se poursuivre. L’économie canadienne connaît probablement plus qu’un simple ralentissement cyclique ; elle connaît une transition structurelle.

Le conflit commercial avec les États-Unis a compromis les perspectives économiques du Canada, car les tarifs douaniers réduisent la capacité de production du Canada tout en augmentant les coûts.

Ces dommages, à notre avis, expliquent pourquoi la tentative du gouvernement Carney de renforcer la défense et les infrastructures canadiennes tout en renonçant à la réglementation environnementale de l'administration précédente arrive à point nommé.

Conditions financières

Le choc externe des tarifs douaniers limite la capacité de la politique monétaire à stimuler la demande tout en maintenant une inflation faible.

Et comme l’inflation restera probablement élevée si les tarifs restent en place, la politique monétaire ne peut que réduire le coût du crédit et laisser l’autorité budgétaire s’occuper de la situation économique plus large.

Pourtant, les conditions financières au Canada restent légèrement positives, même si la croissance du PIB tend vers zéro.

Comme pour les marchés financiers américains, le prix et la volatilité des titres canadiens demeurent relativement neutres. Avec la tendance à la baisse des prix des matières premières et la perte de terrain du dollar canadien, ce sera une autre année difficile pour les décideurs budgétaires et monétaires.

Il est intéressant de noter que les marchés à terme estiment peu probable que la Banque du Canada continue de réduire son taux directeur.

À la fin novembre, le marché des swaps sur indices au jour le jour prévoit que la Banque du Canada suspendra sa politique au cours des 12 prochains mois et n'estime qu'une faible probabilité de réduction des taux.

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